Favoriser la justice sociale : des solutions existent !

 

« On ne se sent plus chez soi comme avant … ». Trois quarts des personnes interrogées dans le cadre de la récente enquête Noir Jaune Blues 2017 menée par la Fondation « Ceci n’est pas une crise » affirmaient en effet que « oui, elles ne sentent plus chez elles comme avant ».

 

Cette impression de ne plus être « chez soi » traduit le sentiment que « l’autre », « l’étranger » a pris une place qui n’est pas la sienne. Ou qui ne l’est plus. Car il faut rappeler qu’il fut une époque où cet « autre » fut accueilli pour participer à notre développement et relever notre économie. Ces personnes ont travaillé sur les chantiers, sont descendues dans les mines ou conduisaient déjà nos transports en commun. Leur présence a façonné notre société métissée.

 

Aujourd’hui, les conditions de vie des citoyens sont de plus en plus dures, le quotidien des plus fragilisés est parfois dramatique. Les fermetures d’entreprises et les licenciements engendrent la peur du lendemain. Cette peur qui entraîne celle de celui qui est dorénavant perçu comme une menace, un danger, qui prend trop de place…

 

Les peurs qui s’expriment dans un tel contexte d’incertitude sont légitimes. Nous nous devons de les entendre pour tenter d’y répondre sans pour autant formuler des solutions simplistes. Car celles-ci accroissent la stigmatisation des personnes qui sont jetées malgré elles sur les routes. Parfois, elles les identifient à de potentiels terroristes par de dangereux amalgames.

 

Aujourd’hui, si nous devons continuer à répondre aux craintes qui sont formulées, nous devons également intégrer le principe d’incertitude. Plus rien n’est certain, plus rien ne sera comme « avant ». Mais, n’est-ce finalement pas la seule chose dont nous sommes certains ? Que tout change. Et osons penser qu’il existe encore, derrière des préfigurations de chaos et dans la complexité croissante du monde, des sources d’évolution et d’espoir de changements positifs pour construire un nouveau monde.

 

Aujourd’hui, oui, comme je le disais à l’occasion de la publication des résultats de l’enquête Noir Jaune Blues 2017, il y a urgence !

 

En cette Journée mondiale de la justice sociale, il y a une urgence à dénoncer ce qui contribue réellement à alimenter ces peurs et à augmenter ce sentiment d’insécurité : ce sont les conséquences terribles d’une politique néolibérale ! Cette politique accroît les inégalités sociales et plonge les citoyens dans un profond désarroi.

 

Le constat est là. Or des solutions existent pour sortir de ce qui ressemble à une impasse.

 

Il faut amorcer une reconversion de notre économie, en repensant en profondeur nos modes de production et de consommation. Cela peut par exemple passer par une politique volontariste en matière de marchés publics, qui représentent un levier important de notre économie.

 

Cela fait des années que nous voyons l’Union européenne se déconnecter un peu plus chaque jour de ses citoyens. Sous couvert d’austérité, la précarité augmente et notre modèle social est menacé. Face à cela, il faut justement renforcer notre modèle social, qui démontre à l’Europe entière que la Belgique se trouve parmi les pays qui s’en sortent le mieux grâce à ce filet social.

 

L’Europe semble aujourd’hui impuissante face aux multinationales qui font et défont, en fonction de leurs intérêts particuliers uniquement. Réanimons cette structure politique à travers des projets communs comme l’Europe de la Défense, pour réaliser des économies d’échelle.

 

Relançons une réelle politique industrielle européenne pour relocaliser l’emploi. Il est venu le temps de mieux partager les emplois entre les forces de travail de notre pays en amorçant une nouvelle réduction collective du temps de travail. Mieux répartir le travail, c’est contribuer à mieux répartir les richesses. Et mieux répartir les richesses, cela revient à lutter contre les inégalités dans le monde.

 

Favoriser la justice sociale, en somme.

 

André Flahaut

Ministre d’Etat

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