Elles attendent……..

Dans quelques jours, nous commémorerons les attentats de Zaventem et de Maelbeek.

Nous nous souviendrons. Nous déposerons des gerbes et ferons silence. Nous chercherons les mots justes, entre écœurement, compassion et bonnes résolutions.

Mais depuis un an, les victimes attendent.

Elles attendent une vraie prise en charge de leurs douleurs et de tout ce qui pèse sur leurs épaules à jamais fragilisées.

Le 22 avril 2016, sur ce même blog, je disais ceci :

« ma proposition est de donner aux personnes un statut, de les « assimiler » au concept de victimes de guerre ».

Je disais aussi : « les assureurs, la Commission d’aide aux victimes de violence intentionnelle, … s’occupent des victimes mais je sais qu’elles seront confrontées à toutes sortes d’écueils, de charges administratives, de batailles juridiques, … et autres entraves à leur difficile sérénité ».

Je rappelais les victimes de Ghislenghien (2004), de Liège (2011), …

Ma proposition d’admettre les victimes au sein de l’Institut des Vétérans qui a pour mission l’assistance  sociale et morale des victimes de guerre. Cet institut possède une large et longue expertise. Il suffisait de quelques adaptations.

Depuis, sous la férule du ministre NVA de la Défense, l’Institut est en voie de disparition, ses missions seront dispersées, son expérience disloquée et son fabuleux travail en faveur de la mémoire, vraisemblablement  voué à disparaître.

Depuis mars 2016, les victimes ont attendu, jusqu’à ce qu’enfin, le gouvernement fédéral propose – en février 2017 –  de créer un « statut de solidarité nationale », sans engagement quant au délai mais avec l’évidence de la création d’un « mammouth administratif » et d’un labyrinthe bureaucratique.

Je n’apprécie pas toujours la formule : « y a qu’à … », souvent simpliste, trop réductrice, trop facile, pourtant, en l’occurrence, il n’y avait qu’à ….

Aujourd’hui, les victimes attendent encore.

Elles attendent autre chose qu’un discours lénifiant et quelques minutes de silence qui s’ajouteront à tant de mois d’inaction.

 

                                                                                  André Flahaut
Ministre d’Etat

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