Compte-rendu de la chaire internationale du 21 juin à Huy

A l’initiative d’André Flahaut, la troisième séance de la chaire internationale s’est tenue ce mercredi 21 juin à Huy dans un contexte politique un peu particulier. Le thème de la résistance était donc en plein dans l’actualité suite à la décision du cdH de prendre trois gouvernements – Région wallonne, Fédération Wallonie-Bruxelles et Région Bruxelles-Capitale – en otage.

 

L’objectif de la chaire internationale est de regrouper les personnes qui s’intéressent au plus près aux questions concernant l’Europe, l’International, la Défense ou encore la Coopération au développement. Il est important de montrer que nous sommes toujours internationalistes et soucieux de la solidarité sur le plan international.

 

Il est par ailleurs important de mener ces réflexions en dehors des périodes électorales et de la confection des programmes. Il faut pouvoir insuffler des idées nouvelles dans le cadre de nos relations avec des institutions comme l’UE, l’ONU ou l’OTAN. Pour renforcer ces relations internationales, il est important en Belgique de travailler également avec les camarades du sp.a.

 

La démarche vise à se rendre dans les différentes fédérations du PS en allant à la rencontre des acteurs locaux. Ces rencontres permettent de faire le lien avec le passé, le présent et le futur. Il est important d’entendre les acteurs locaux parler de leurs projets mais aussi des villes et régions dans lesquelles ont se trouve. La proximité et la disponibilité sont des éléments clés pour entretenir les liens entre nous.

 

Christophe Collignon, Bourgmestre de Huy, rappelle le caractère historique de la ville dont la citadelle est là pour témoigner de son passé en matière de résistance. La question de la résistance ne pouvait pas tomber mieux vu la situation politique en Région wallonne, Région bruxelloise et la Fédération Wallonie-Bruxelles. La crise de confiance est mondiale, des Etats-Unis à l’Europe. Le fossé entre les citoyens et le monde politique ne cesse de se creuser.

 

L’enseignement de la Ville donne beaucoup d’importance à la citoyenneté et au devoir de mémoire à travers des chants et des recueils de témoignages d’anciens combattants. Ces souvenirs sont importants pour les générations futures. Nous comptons parmi les privilégiés au monde et avons deux générations qui n’ont pas connu la guerre. Huy est la première ville de l’Europe du Nord à avoir obtenu, en 1066, sa « charte de liberté » permettant aux commerçants de diriger la ville Cela témoigne de l’esprit frondeur historique de sa population.

 

En matière de solidarité internationale, Huy a une tradition de partenariat avec le Bénin. Chaque année, des fonctionnaires s’y rendent pour aider à la mise en place de l’état civil. Il y a par ailleurs une importante diaspora du Kosovo dans la région. Sensibiliser les jeunes aux enjeux internationaux permet de créer des ambassadeurs et des relais.

 

Le gouvernement fédéral désinvestit totalement l’Afrique, tant en matière de coopération au développement que de partenariats militaires. La Belgique est en train de perdre toute l’expertise pour laquelle elle est reconnue mondialement.

 

Comme le rappelle Delphine Houba, Présidente de Solsoc, nos valeurs de solidarité et de justice sociale sont heureusement défendues à travers la richesse de l’action commune. Solsoc est une ONG de développement née en 1936 dans la foulée de la guerre civile en Espagne. L’organisation qui s’est ensuite structurée autour d’un objectif de lutte contre les inégalités dans une optique de partenariat Nord-Sud.

 

Solsoc est active dans 8 pays à travers le monde : la Colombie et la Bolivie, la Palestine, la RDC et le Burundi, le Sénégal et le Burkina Faso, et, enfin, le Maroc. Elle a une approche particulière : elle n’envoie pas de coopérants sur le terrain mais travaille avec des associations locales, qui se sont constituées d’elles-mêmes. Le partenariat est envisagé dans une optique de partenaires égaux, qui établissent ensemble leur programme de coopération. Il s’agit bien de travailler avec l’autre, et pas à la place de l’autre. Le programme 2017-2021 vient d’ailleurs d’être lancé en collaboration avec FOS (son équivalent néerlandophone) et IFSI (l’acteur de solidarité internationale de la FGTB). Solsoc collabore également avec Solidaris pour la mise en place de mutuelles.

 

L’action de Solsoc et de ses partenaires se structure autour de deux axes : la protection sociale et travail décent. Ces axes sont traversés par trois préoccupations transversales : le genre, l’environnement et la démocratie.

 

En plus des actions soutenues au Sud, tout un travail de sensibilisation est mené au Nord, en Belgique francophone en particulier. L’association dispose pour cela d’outils comme des expositions photo sur les femmes au Kivu et les creuseurs au Katanga, mais aussi de vidéos documentaires sur le processus préélectoral en RDC et la Palestine.

 

L’actualité des mobilisations de Solsoc en 2017 porte sur les 50 ans d’occupation des territoires palestiniens. Solsoc sera présente à la Fête des solidarités à Namur à la fin du mois d’août.

 

Les enjeux de demain concernent la visibilité par rapport au grand public dans un souci d’éducation permanente, mais aussi la pérennité de la structure suite aux importantes coupes budgétaires effectuées par le Ministre Alexander De Croo.

 

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