Les lendemains qui déchantent

AutricheLes Autrichiens ont choisi. Ils ont été plus de 30 % à voter pour le parti conservateur (ÖVP) et son jeune leader, Sebastian Kurz. Une probable coalition avec l’extrême droite (FPÖ) est annoncée.

Leur fonds de commerce : la peur.

Celle de l’immigrant

Celle pour leur sécurité.

Celle pour leur identité hypothétiquement menacée.

« La peur » des électeurs allemands de l’AfD, celle des 21 % de votants français pour le Front national, celle des électeurs de Geert Wilders aux Pays-Bas, celle des Italiens de la Ligue du Nord, celle des Grecs d’Aube dorée, celle du Jobbik hongrois, celle des soutiens aux mouvements extrémistes de droite en Suède, en Bulgarie, et trop d’autres envahissent nos démocraties, par la démocratie du vote.

Cette peur qui est faite de désillusions, d’intolérance, d’amertume peut-être, de sectarisme ici, de fatalisme là, d’égoïsmes, d’ambitions malsaines et d’ignorance, nous dit combien la démocratie existe de façon fragile et nourrit intrinsèquement le risque permanent de retournement contre elle-même.

La démocratie est notre bien commun. Le choix des extrêmes signifie son démantèlement.

Mais la démocratie, c’est aussi la mise en œuvre d’une volonté générale ou à tout le moins majoritaire.

Telle sera sans doute la réalité de demain en Autriche… une réalité inquiétante.

L’an 2000 avait vu l’émergence d’un certain Jörg Haider.

L’Europe s’en était préoccupée. Deux cent cinquante mille Autrichiens avaient défilé sous les fenêtres de la Chancellerie contre « cette honte pour l’Europe ».

À l’époque, ministre de la Défense, j’avais revu certains contrats et annulé certaines activités prévues avec l’Autriche.

Qu’en sera-t-il demain ?

L’Europe cédera-t-elle au fatalisme ? A-t-elle déjà fait le deuil de ses valeurs premières ?

Qu’en sera-t-il au pays natal d’un certain A. Hitler ?

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