Entendre le silence de la pauvreté… et se faire entendre

Campagne pauvretéCe 17 octobre a été déclaré « Journée internationale de la pauvreté ». Mais le 16 ? le 18 ?… et tous les autres jours ?

Tous ces jours d’inaction, mais aussi tous ces jours de silence.

En Belgique, ce sont 15 % de la population qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, un enfant sur quatre, soit un million sept cent mille personnes !

Certes, nous savons qu’il y a des sans-domicile-fixe, nous croisons un mendiant sur notre chemin du travail, un clochard fait la manche près de la gare. Parfois, on leur glisse une pièce.
Et l’on passe notre chemin.
Je ne connais pas leur nombre…

Mais ce million sept cent mille en situation de grande précarité, comptabilisé, recensé, identifié par le Service public fédéral Économie, qu’en savons-nous ?

« Vivre » sous le seuil de pauvreté, c’est un faisceau de terribles carences. C’est une alimentation de piètre qualité, voire malsaine, c’est un risque voire une réalité d’habitation insalubre et souvent trop exigüe, c’est la spirale de la dette, les vêtements de seconde main, le non-accès aux soins médicaux, c’est l’absence de chauffage, de loisirs, c’est le stress, la débrouille, le découragement. Parfois, c’est la honte. Souvent c’est le silence.

Notre système social ne peut tout résoudre, mais il n’est pas rare que des personnes en situation de très grandes difficultés n’osent y faire appel. Il y a la méconnaissance des possibilités d’aide, il y a le manque de confiance, l’impression « que cela ne servira à rien » ou tout simplement une sorte de fierté qui freine l’appel au secours.
Il faut informer ces personnes de leurs droits et faire en sorte qu’elles en bénéficient.

Pour ce faire, nous devons apprendre à voir la misère cachée, apprendre à déceler le détail qui nous dira les difficultés d’une famille, d’un enfant.

La pauvreté, c’est un appel à l’action, pour les pauvres comme pour les plus nantis, c’est une question d’humanité tout autant qu’une question d’économie par ses impacts sur celle-ci. Il n’est pas scandaleux de dire que la société tout entière paye le prix de la pauvreté.

La pauvreté est une injustice qui frappe prioritairement les femmes, les seniors, les familles monoparentales, les enfants. Compatir ou s’émouvoir ne suffit pas.
Même le 17 octobre…

Que chacun parle et agisse, même là, dans notre rue, là où cela nous semble inimaginable.

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