L’Hôpital militaire : un bel établissement en péril !

1162971-hopital-militaire-reine-astrid-peripherieÀ mon arrivée à la Défense en 1999, l’Hôpital militaire Reine Astrid était déjà sérieusement menacé. Certains avaient l’idée de le transformer en centre d’accueil pour demandeurs d’asile. Leur but à peine dissimulé : mettre le nouveau centre en concurrence avec le Petit-Château afin d’entraîner la fermeture de ce dernier. Un projet qui, nous le savons, n’a pas été abandonné. D’autres souhaitaient, quant à eux, vendre l’Hôpital militaire pour en faire un hôtel…

Un site exceptionnel
Pour ma part, j’ai d’abord cherché à redonner vie au site de Neder-Over-Hembeek. Je voulais faire en sorte que l’Hôpital militaire ne soit plus la proie des hôpitaux privés flamands. C’est pourquoi, via des accords de partenariat, nous l’avons intégré dans la structure des hôpitaux publics bruxellois. Celle-ci présente le triple avantage de la neutralité, du bilinguisme, et d’impliquer l’alignement des normes et standards sanitaires militaires sur ceux, réputés plus exigeants, en vigueur dans les établissements civils. Il n’y avait, à l’époque, pas d’autres choix pour garantir l’avenir de notre Hôpital militaire. Ces choix, nous les avons faits.

Partant, nous avons engagé des réformes ambitieuses pour développer le Centre des grands brûlés et en faire ce qu’il est à présent : l’un des plus innovants et performants au monde. À la pointe de la technologie, le Centre soigne des patients venus de partout. Qu’on pense, par exemple, aux jeunes Roumains accueillis suite à l’incendie d’une discothèque à Bucarest. Et quel héroïsme lors des attentats de Maelbeek et Zaventem ! Par ailleurs, nous avons redynamisé le Service Militaire de Transfusion Sanguine (SMTS) et créé une sérothèque visant à conserver des échantillons de sang de nos militaires pour analyses ultérieures.

Redéployer les activités

Je n’avais alors qu’une ambition : encourager et redéployer les activités de l’Hôpital militaire pour en faire un acteur de premier plan – à l’écoute de ses publics et de leurs attentes. C’est justement ce que j’étais parvenu à faire avec les personnels de la Défense, les médecins et tous les soignants. Ces succès, nous les avons obtenus ensemble.

Pieter De Crem (CD&V) et son successeur Steven Vandeput (N-VA) semblent, à l’inverse, n’avoir eu, jusqu’à présent, qu’une seule hâte : affaiblir l’établissement afin de compromettre définitivement sa survie. Dès lors, je comprends que les démarches entreprises, à la Défense, ces dernières années soient de nature à susciter inquiétudes et interrogations. J’entends et partage les craintes exprimées par beaucoup face au processus enclenché depuis 2008.

En effet, plutôt que d’essayer, à tout prix, de démanteler l’Hôpital militaire, il faudrait tâcher d’en pérenniser les activités, la structure, les compétences. L’Hôpital Reine Astrid mérite, plus que jamais, de voir son rôle et son prestige renforcés sur le plan tant national qu’international.

Arrêtons ici la sape de nos services publics !

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