Face à la pauvreté : retrouvons le sens de l’État !

Je me suis exprimé, à plusieurs reprises ces derniers mois, sur l’indispensable union des progressistes et des démocrates face à la montée des populismes et à l’actuelle banalisation des discours racistes, xénophobes partout en Europe. Ce combat nous concerne tous – à gauche comme à droite. Par-delà les clivages partisans, il est urgent d’agir ensemble pour faire respecter les droits humains ; urgent de retisser des liens de fraternité entre les peuples ; urgent de remettre à l’honneur les hautes valeurs de la démocratie.

Mais défendre la démocratie, la justice et l’égalité, c’est aussi, et peut-être surtout, lutter contre la pauvreté ; contre les drames et les souffrances qu’elle porte.

La pauvreté n’en finit pas de miner notre vivre ensemble et de mettre en péril cette cohésion sociale à laquelle nous sommes tant attachés. Oui, la pauvreté est destructrice de liens et d’espoir. Elle alourdit le fardeau des plus fragiles et les rend, sans cesse, plus vulnérables aux aléas de l’existence. Voici pourquoi elle suppose une prise de conscience collective, conscience citoyenne, et un engagement ferme des mandataires de tous les partis.

Malgré les actes posés et les décisions prises, malgré la bonne volonté de beaucoup, il est inacceptable que, dans notre pays, plus d’un tiers des enfants continuent de grandir dans des conditions de dénuement parfois extrêmes. Inacceptable que 200.000 personnes soient contraintes d’utiliser l’aide alimentaire pour se nourrir quotidiennement. Inacceptable que tant de familles doivent renoncer à se soigner faute d’en avoir les moyens. Inacceptable, enfin, qu’un travailleur belge sur sept vive encore en dessous du seuil de pauvreté.

Ceci étant, la pauvreté n’est pas une fatalité, pas plus qu’elle n’est un crime. Arrêtons de regarder les précaires, les chômeurs, les sans-abris, et les mendiants de toutes origines, comme des coupables. Respectons-les ! Respectons leurs droits ! Construisons une société du partage ! Tâchons d’être à la hauteur de notre démocratie et de son Histoire. Travaillons main dans la main pour rendre à chacun la dignité qui lui est due.

Visible ou discrète – si discrète qu’elle en devient parfois insoupçonnable – la pauvreté se vit par tous les temps, été comme hiver. Mais le froid la rend, sans doute, plus difficile à supporter, plus cruelle, plus tragique. En période de fêtes, le contraste est particulièrement saisissant : insouciance des uns, détresse des autres. Je pense tout spécialement à ceux qui manquent de tout. Je pense aux plus jeunes et aux personnes âgées qui n’auront pas la joie d’un petit cadeau, d’une main amicale, d’un foyer chaleureux, d’un repas convivial.

Face à la pauvreté, nous, Socialistes, tâchons de promouvoir des réponses nouvelles et de défendre, coûte que coûte, le rôle crucial de l’État. Mais les résistances sont nombreuses, trop nombreuses. Certains, au mépris des plus faibles et du principe de solidarité, poursuivent la casse systématique des services publics de proximité. Ils dérégulent à tout-va… Et tandis que la situation des précaires se dégrade, les plus riches, quant à eux, deviennent encore plus riches.

Ces dernières années, les inégalités sociales n’ont cessé d’augmenter. Il nous appartient, dès à présent, d’agir de façon concertée et de tout mettre en œuvre pour enrayer cette progression. Retrouvons la voie de la solidarité et réinventons notre pacte social.

Car, plus que jamais, la lutte contre pauvreté demeure l’affaire de tous !

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