Attentats du 22 mars – In memoriam

Bien sûr, nous nous souviendrons même si le souvenir s’estompe peut-être chez d’aucuns, même si le drame se banalise hélas, même s’il faut, bien évidemment, que la vie continue.

Mais, ici et là, des vies se sont interrompues, d’autres sont à jamais blessées, des deuils et des souffrances perdureront, sans apaisement possible.

Restent nombre de souffrances physiques, morales ou affectives, reste l’amour des familles et des proches, reste peut-être la haine, reste certainement l’incompréhension.

Reste la colère.

Toutes sortes de colères.

Celle envers les auteurs des attentats, celle envers ceux qui les ont guidé vers le massacre, celle envers le destin, le hasard, celle envers un dieu vengeur ou un dieu aveugle, je ne sais.

Mais je sais ma colère contre un « système » qui n’a pas été et qui n’est, aujourd’hui encore, pas capable de répondre avec justice et justesse aux besoins des victimes. Un « système » qui n’entend pas qu’elles ont besoin d’actes concrets, de mesures concrètes, d’indemnisations rapides, de considération, de respect, un « système » qui n’a pu mettre en place que d’autres « systèmes » administratifs, procéduriers, dilatoires, absurdes, un « système » qui ne peut envisager l’exception et qui s’aveugle avec acharnement, comme il s’est aveuglé lorsqu’il a daigné s’émouvoir du sort de deux petites filles, il y a plus de 20 ans. L’une s’appelait Julie. L’autre Mélissa.

Un système qui n’a rien appris et qui, sous couvert de quelques discours, se donne bonne conscience et croit sauver la face.

J’ose croire qu’il est des colères salvatrices.

Et que, peut-être, enfin, un sursaut de dignité des metteurs en place de systèmes permettra-t-il aux victimes quelques soulagements et leur éviteront l’enlisement papivore et tatillon de requêtes répétitives voire absurdes.

Les victimes et leurs familles n’attendent ni discours, ni commémoration de façade. Elles attendent leur droit.

Le droit à la sérénité.

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