7 avril 2018 – Journée d’Hommage aux Vétérans

Il y a quelques jours, nous rendions hommage aux victimes des attentats de Bruxelles. C’était il y a deux ans.

Le drame de Kigali, avril 1994.

2018, centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

Je sais que l’on s’interroge sur la nécessité et le sens du principe même de « Commémoration ». Est-ce pour éviter l’oubli ? Et pourquoi ne pas oublier ?

Est-ce la volonté des combattants eux-mêmes,  des survivants ? des résistants ?  des familles ? ou simplement des moralistes et des historiens ?

Est-ce un besoin d’enracinement de nos sociétés ? Un faire-valoir politique ? Est-ce un indice d’unité nationale ? Est-ce une morale du devoir ou une injonction à la vigilance continuée ?

C’est parfois une histoire ambiguë entre souvenir et spectacle, une oscillation entre le mythe et l’Histoire, entre l’émotion et les faits, comme cela peut être une manipulation.

L’Espagne a choisi l’amnésie collective pour rendre possible la continuation du vivre-ensemble.

Le Front National français a récupéré Jeanne d’Arc.

Au Rwanda, on a instauré les « gacacas » , les tribunaux de village.

Chez nous, chaque commune a son « Monument aux Morts ».

A Kigali, nous avons érigé un mémorial, pour nos paras, et une stèle dédiée à toutes les victimes de tous les génocides.

Nous avons entendu et écouté les familles.

Nous voulons croire que l’histoire des morts nous aide à maintenir notre indignation face aux infamies d’hier et d’aujourd’hui. Nous espérons prévenir sans plus devoir guérir.

Nous voulons croire que tous ces combats pour la liberté l’ont été pour la vivre et non pas pour la pleurer. Nous voulons croire que la mort ne doit pas gagner ce qu’elle n’a pas pris !

Par delà le respect, l’émotion, les souffrances de ceux qui restent, gardons cette faculté de résistance aux délires bellicistes comme  aux plus grands chagrins et tentons, sans amnésie ou indifférence, l’acceptation heureuse de la vie qui nous est permise.

La commémoration, c’est aussi, une gratitude pour les moments partagés et pour  tous ceux qu’il nous est encore donné de vivre… librement.

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