DE LA BRUTALITÉ EN POLITIQUE

L’espace politique est un lieu où s’affrontent des visions du monde ; où s’opposent des idées, des valeurs, des projets ; où s’établissent et se déploient des rapports de force ; où se déroulent des conflits. Partant, celles et ceux qui choisissent de s’y engager doivent savoir encaisser les coups, et parfois en donner.

Toutefois, la brutalité dont je veux parler n’est pas de cet ordre. Elle pointe vers la trahison de la démocratie et des règles du jeu politique. En Europe et ailleurs, je vois s’imposer une manière de gouverner qui consiste à faire régner – souvent de façon insidieuse – une forme de terreur par les mots autant que par les gestes.

L’inquiétude est de mise, car le peuple, sans arrêt, se voit contester le pouvoir qui lui appartient de droit. Impuissant, il n’en finit pas de souffrir le venin populiste et la démagogie de tous ceux qui prétendent diriger en son nom. Tous ceux qui, pourtant, restent sourds aux protestations populaires et à la détresse insistante des plus fragilisés.

Cela me rappelle le fameux slogan de Margaret Thatcher : « There is no alternative ». Un slogan terrible, tragique même, dont la brutalité réside dans la volonté de faire croire qu’aucun autre monde n’est possible – qu’il n’y a pas d’autre choix que de licencier, de baisser les salaires, de couper les allocations, de briser les opposants, d’expulser, d’enfermer ou de faire la guerre…

Face à l’imposture des dogmatiques de gauche comme de droite, n’hésitons pas à réaffirmer sans cesse qu’il existe toujours des voies alternatives et des solutions de compromis. Encore faut-il avoir le courage de les rechercher et d’ouvrir le débat contradictoire.

À mes yeux, la brutalité, c’est le non-respect de la parole donnée ou de la signature. C’est la violence gratuite. C’est le rejet de toute discussion. C’est le mépris de l’adversaire politique et des électeurs. C’est le refus de la critique. C’est le culte de la force. C’est l’indifférence face aux conséquences de ses actes.

Cette brutalité je la vois bien sûr chez Trump, Erdogan, Netanyahu ou Orban. Je la vois aussi dans l’inhumanité des actes face au sort tragique des 629 migrants en Méditerranée. Je la vois encore dans les discours méprisants de Giuseppe Conte et de son gouvernement en Italie.

Mais il est inutile d’aller si loin. Qu’on pense à Francken à l’égard des réfugiés ; à Bacquelaine à l’égard des pensionnés ; à De Block à l’égard des malades ; à Jeholet à l’égard des chômeurs ; à Di Antonio à l’égard des agriculteurs… la liste serait longue.

Devrait-on, nous aussi, se convertir à cette brutalité ? Sans hésiter, la réponse est non ! Nous y perdrions nos valeurs profondes, nos principes et notre conscience. Nous ne serions plus dignes de notre Histoire ni des combats menés par nos Anciens !

À l’inverse, nous avons le devoir de reconstruire les liens que nos adversaires politiques ont brisés. Nous avons le devoir de restaurer la confiance perdue en remettant à flot le dialogue social. Nous devons défendre le projet d’une société plus juste, plus respectueuse, plus humaine.

Face à la brutalité, restons, plus que jamais, solidaires et progressistes !

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