INTERDIRE LA COMPARAISON AVEC LES NAZIS D’HIER, QUELLES SONT LES MOTIVATIONS RÉELLES DE LA DÉMARCHE ? (LE VIF, 18 AOÛT 2018)

Interviewé hier matin par Fabrice Grosfilley sur La Première – RTBF, le Délégué général du MR s’est, une fois encore, livré à son exercice favori : s’agiter, brasser du vent et chercher à faire le « buzz » sur la base de rien.

Il s’est présenté en défenseur de la Mémoire. Il a évoqué la responsabilité des mots. Il a affirmé ouvrir le débat. Il a parlé du négationnisme et de ses dangers. Il a rappelé le devoir de lutter contre la stigmatisation des individus. Il s’est insurgé contre la banalisation du mal…

On voudrait s’insurger avec lui. Mais, dans sa bouche, cela sonne faux.

Les propos révoltent. L’hypocrisie crève les yeux.

Car sa proposition personnelle – non encore officialisée par son parti – est une imposture qui cache mal ses arrière-pensées et ses faux-semblants.

Le but : faire condamner celles et ceux qui utilisent les termes « nazi » ou « nazisme » pour qualifier des personnes ou des actes de notre temps ; empêcher le rapprochement entre ce qui fut et ce qui est.

Du show ! Du vent !

Pourquoi interdire ? Pour éviter la banalisation des actes propres aux « nazis » d’hier, assure-t-il.

Mais justement les « nazis » comme les « tyrans » d’hier ne sont pas ceux d’aujourd’hui. Pas plus que les CRS de Mai-68 n’étaient de « véritables » SS.

Personne, parmi tous ceux dénoncés, n’entend banaliser les crimes du passé. Certains, dont je suis, travaillent, au contraire, à faire en sorte que ces crimes ne se reproduisent pas – ici comme ailleurs, aujourd’hui comme demain.

La Mémoire des crimes est ancrée en nous ! Cette mémoire est vive, justement. Si vive qu’il faut l’assumer en l’actualisant.
S’interdire la comparaison historique, s’interdire la caricature fut-elle facile, c’est non seulement remettre en cause les fondements de notre liberté de critiquer, y compris de façon virulente, c’est aussi s’empêcher de penser le monde et les drames que nous vivons à la lumière de ce qui a eu lieu.

Face à cette proposition l’inquiétude est plus grande que jamais. S’agit-il de protéger, ou encore de cautionner, les actes commis aujourd’hui en Belgique au nom d’une certaine politique ? Une politique qu’on est en droit de trouver inhumaine.

S’agit-il de protéger l’enfermement des enfants à Steenokkerzeel ? S’agit-il de protéger toutes les violences faites aux migrants ?

S’agit-il de protéger ceux qui mènent de telles politiques ?

Si tel est le cas, alors il faut dénoncer cette proposition avec force et s’y opposer par tous les moyens.

Oui, prétendre qu’il s’agit, par-là, de protéger le devoir de Mémoire est une imposture ! Une de plus…

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