COMMÉMORATION – BREENDONCK, 19 SEPTEMBRE 2018

Je me suis rendu  au 74e Pélerinage annuel au Mémorial national du Fort de Breendonck.

Je m’y rends depuis bien plus de 20 ans, mais peu importe le décompte de ce temps-là. La mémoire n’a pas à se mesurer, elle se doit d’être infinie, comme l’ont été les courages, les humiliations, la barbarie, les crimes qui ont coexisté en ce lieu.

Bien sûr, il y eut les discours, des minutes de silence, un sentiment inavoué du répétitif et l’interrogation de ces utilités de circonstance, la promesse de revenir, la certitude de l’horreur, la peur et le soupçon qu’elle reste possible.

Et ce soupçon grandit comme l’impression que le système d’alarme que sont aussi les commémorations, a cessé d’être audible dans une large partie de l’Europe.

Ils ne sont ni sourds, ni aveugles, ils sont souverainistes, populistes, eurosceptiques, europhobes, xénophobes, ils cultivent de nouvelles utopies d’une société fermée et se présentent en tant qu’élite de rechange. Ils sévissent en Grèce, en Pologne, en Autriche, en Italie, en Hongrie, font des émules dans les pays scandinaves, ils gangrènent nos démocraties, méprisent la mémoire de ceux que l’on commémore, ce 19 septembre à Breendonck, ils saluent le bras droit tendu, même si ce geste est interdit par la loi française, italienne, allemande, autrichienne et d’autres, pour apologie du fascisme. Ils sont dans l’obsession sécuritaire, le repli identitaire, ils prospèrent dans une dangereuse indifférence.

A Breendonck, les discours se sont prolongés, les effrayants souvenirs espèrent toujours exorciser le passé mais depuis,  les Hommes ont continué de tourner le même film de guerre, un jour au Tchad, un autre en Bosnie, en Syrie depuis 2011, en Amérique latine ou en Afrique au gré des guérillas; en Asie, se déroule encore le long cortège des Rohingyas et se banalisent les attentats, à Kaboul, à Lahore, au Mali, à Barcelone, à Liège…………

Nous commémorons cette année, la fin de la Première Guerre Mondiale.

Tout se répète et tout continue, jusqu’à l’absurde avec pour seule communauté : celle de la douleur.

A Breendonck aujourd’hui, que sommes-nous venus chercher ? Un peu d’espoir peut-être, malgré tout ….

Un peu d’espoir tel celui que nous ont offert le 3 septembre dernier,  les 65.000 participants au concert anti-raciste de Chemnitz (Allemagne), sous le thème « Nous sommes plus nombreux« .

Puisse ce type de mouvement, se multiplier.

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