Discours prononcé au Forum ABBW 2019 (Geneval, 4 avril 2019)

Monsieur le Président de la République centrafricaine,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur l’Ambassadeur,

Monsieur le Ministre-Président de la Région wallonne,

Monsieur le Gouverneur,

Madame la Députée provinciale,

Monsieur le Président de la Chambre de commerce wallonne,

Monsieur le Président d’Africa Rise,

Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités,

Chers amis,

 

Quel plaisir pour moi d’être ici, à vos côtés, pour parler d’Afrique, de liens à tisser et de partenariats à construire ou à confirmer.

Quelle joie de vous retrouver tous si nombreux et si enthousiastes au Château du Lac.

Je vois des amis, des visages connus, des compagnons de route.

Je vois aussi des jeunes et des moins jeunes qui sont avec nous pour la première fois. Je vois leur créativité et leur dynamisme.

Je vois la grandeur des projets qu’ils portent.

Ces projets, nous devons vous aider à les concrétiser.

Je le dis depuis six ans. Je le redis aujourd’hui : MERCI !

Merci aux organisateurs de nous donner, une fois de plus, l’occasion d’échanger, de dialoguer et surtout de nouer des relations sincères et respectueuses.

Vous le savez, je crois aux rencontres, aux poignées de mains, aux accolades, aux souvenirs et aux expériences qu’on partage. Je crois aux actes qui, dans le temps long, permettent de renforcer la confiance mutuelle.

Chaque année, le Forum ABBW offre l’opportunité de développer des liens et d’apprendre à mieux nous connaître. 500 participants, 20 pays représentés, et aujourd’hui une nation à l’honneur : la République centrafricaine.

Monsieur le Président de la République,

Permettez-moi de m’adresser à vous et de vous dire combien je suis heureux de pouvoir continuer nos échanges débutés ce mardi matin à la Faculté d’agronomie de Gembloux. Des échanges placés sous le signe de la technologie, de l’innovation et du développement durable. Sous le signe du Brabant wallon également.

Je sais que vous êtes sensible à ces thématiques d’avenir et soucieux de voir naître des partenariats solides entre nos deux pays.
Je sais aussi que pour vous, comme pour moi, « la paix n’a pas de prix ».

Dès lors, je profite de la tribune qui m’est donnée pour saluer l’important travail de réconciliation, de cohésion sociale et de dialogue permanent que vous avez entrepris depuis trois ans en République centrafricaine.

Nul ne l’ignore : les défis sont immenses. Mais votre détermination et votre travail au service de tous sont remarquables.
Nous avons le devoir de soutenir vos efforts.

À cet égard, la logique du partenariat s’impose à nous. C’est à mes yeux la seule logique valable ; la seule capable d’apporter des résultats durables ; la seule qui ne fonctionne pas dans un seul sens.

Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

L’Afrique dans sa diversité, du Nord au Sud, d’Est en Ouest, a vécu ces derniers mois des évolutions et des bouleversements considérables.

Le dernier accord de paix décroché en République centrafricaine grâce à l’action obstinée du Président Touadéra fait partie de ceux-ci.

Mais je pense également aux élections en République démocratique du Congo, ou encore à l’arrivée de Mme Mushikiwabo à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie. Ce sont des signaux forts.

Une nouvelle ère se fait jour.

Elle constitue l’occasion de reformuler nos engagements de partenariat envers l’Afrique et les Africains.

Nous devons, dès à présent, nous montrer disponibles pour réactiver et intensifier le travail dans tous les domaines : la santé, la justice sociale, l’accompagnement démocratique, l’économie.

Nous devons redire notre engagement à travailler à d’autres fins que celles de la recherche d’opportunités à sens unique.
Nous devons redire la volonté qui est la nôtre d’œuvrer pour donner carrière à la réciprocité des échanges.

Cette nouvelle ère, c’est la jeunesse africaine qui la porte. Elle travaille à inventer un monde plus solidaire et plus durable.

Elle est consciente des enjeux : le climat en est un !

J’étais récemment en mission au Maroc : j’ai vu une jeunesse inventive et pleine d’enthousiaste. Une jeunesse audacieuse et résiliente aussi. Une jeunesse ouverte au monde et à la diversité des expériences.

C’est d’elle qu’il faut s’inspirer !

Elle est notre guide.

Que proposent les jeunes qui, en Belgique et dans toute l’Europe, marchent pour le climat ? Ils dénoncent. Ils contestent. Ils défilent dans les rues chaque semaine. Mais quelles alternatives offrent-ils vraiment ?

Le climat est un enjeu majeur : impossible de le nier. Mais les jeunes Européens portent sur lui un regard beaucoup trop étroit qui ignore l’importance de lutter en même temps contre le réchauffement climatique et contre les inégalités sociales au Nord comme au Sud.

En Afrique, la jeunesse, au contraire, ne s’apitoie pas sur son sort. Elle invente de nouvelles manières de faire. Elle façonne le monde des possibles. Elle agit. Et son silence, parfois, vaut plus que tous les mots.

Comme l’écrit sans détour l’économiste camerounais Thierry Amougou : les peurs qui motivent les jeunes militants pour le climat en Europe n’ont « aucune chance de faire tache d’huile en régions extra-occidentales si les jeunes [du même] âge y ont plutôt peur de dormir sans manger, de ne pas avoir d’eau potable, de ne pas aller à l’école, de ne pouvoir se soigner ou de devenir des enfants-soldats. »

Nous n’avons qu’une seule terre. Nous l’avons reçue en partage. Nous devons la transmettre. Il est donc indispensable d’agir ensemble, main dans la main, dans une dynamique de partenariat renforcée.

Voici pourquoi, en Belgique, en Europe, nous avons le devoir d’aborder ensemble la problématique climatique et celle des conséquences de notre mode de vie sur la pauvreté des pays du Sud.

Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

L’Afrique, en ce compris le pourtour méditerranéen, représente pour l’Europe en général et la Belgique en particulier, un axe naturel de solidarité. Un axe qui, trop souvent, est mis à l’écart, négligé, occulté.

Vous le savez, je milite pour qu’on reconnaisse à l’Afrique la place qui lui revient : celle d’un voisin immédiat ; celle d’un partenaire majeur ; celle que l’on donne aux amis de longue date.

Partant, il convient d’abandonner les vieux réflexes colonialistes ou paternalistes afin de construire des relations fondées sur le respect, l’égalité, le dialogue, la confiance et l’équilibre.

Les relations euro-africaines méritent un partenariat complètement réinventé et capable de s’inscrire dans la durée.

Ce partenariat doit viser les citoyens. Surtout, il doit s’appuyer sur les forces vives de la société civile : le secteur associatif et les solidarités locales, mais encore les organes intermédiaires, la jeunesse et les femmes.

L’humain constitue, à mes yeux, le fil rouge du partenariat, son noyau dur.

En effet, il est impossible de bâtir des sociétés prospères sans protéger les plus âgés ni sans investir pour les plus jeunes. L’accès gratuit et universel à l’éducation, mais aussi aux soins de santé est un enjeu décisif – le tout premier. Il en va de la dignité des personnes. Il en va également de leur bonne intégration sociale.

Aider les individus à reprendre le contrôle de leur avenir et à devenir des citoyens actifs : tel est l’enjeu, car l’épanouissement de chacun est la condition impérative du bien-être de tous.

Soulignons enfin que les rapports économiques et commerciaux que l’Europe entretient avec le continent africain doivent être transformés en profondeur. À travers eux, nous devons tâcher de tisser des liens et non de les détruire. Nous devons aider la jeunesse africaine à concrétiser ses rêves.

D’ailleurs, comme le dit Francine Muyumba, présidente de l’Union panafricaine de la jeunesse : « Dans une époque durant laquelle le mythe de la consommation de masse a démontré ses limites, la jeunesse africaine […] a déjà inventé le nouveau monde. Il est solidaire et durable. Ce nouveau monde qu’invente la jeunesse des métropoles africaines peut être la pierre angulaire de sociétés en phase avec les enjeux de notre époque »

Faire prospérer les liens de solidarité et les rendre durables, telle est justement la fonction du Forum ABBW qui nous réunit aujourd’hui comme depuis six ans.

Chers amis,

Je vous le redis, nous avons des liens à tisser.
Nous avons des projets à défendre.
Nous avons des défis à relever.
Nous avons un avenir à bâtir.
Je vous souhaite à toutes et tous une excellente deuxième journée au Château du Lac et surtout de très belles rencontres.
Merci !

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