La crise, si on veut …

Depuis des mois, on ne parle que d’argent matin, midi , soir et même la nuit en réunions de crise.
On ne me fera pas dire qu’il ne fallait pas sauver les petits épargnants et le personnel, mais à force de s’empêtrer dans les assemblées générales, les recours, les commissions, n’a-t-on pas fait de ce dossier l’arbre qui cache la forêt ?
Et lorsqu’enfin on s’en détourne, on s’agite avec la plus grande frénésie pour sauver un club de football.
Oui ! Je suis de mauvaise foi ! Le foot c’est aussi des emplois, le sport c’est (hélas peut-être) un secteur économique. Bien sûr !

Mais il est des jours comme aujourd’hui où l’ordre des priorités me déconcerte, m’encolère.

Depuis plusieurs semaines, je m’emploie à débloquer les budgets nécessaires au sauvetage d’un home pour « enfants du juge ». Le bâtiment qu’ils occupent actuellement est en total délabrement et à la limite de l’insalubrité. Les enfants et le personnel vont tout simplement se retrouver à la rue. C’est évidemment beaucoup moins intéressant que le foot !
Il s’agit d’enfants, d’enfants défavorisés, en rupture parentale, parfois totalement abandonnés par leur famille, pour certains, les parents ont été déchus de leurs droits parentaux. Ils sont dix huit. Cela n’intéresse personne hormis le personnel qui s’occupe d’eux avec dévouement et compétence.

Je fais de mon mieux pour trouver une solution qui pourrait assurer une part de leur avenir : un nouveau toit, le confort auquel chacun a droit.
Hier, j’ai obtenu une belle avancée pour ce dossier, une  réelle solution se dessine. Mais une fois encore, je m’interroge : pourquoi attend-t-on si souvent les limites extrêmes avant de tenter d’agir ?

Le drame n’ a pas attendu pour s’abattre sur ces enfants.
La crise financière est bien réelle. L’inertie et l’indifférence elles aussi, se portent bien.

 

André Flahaut

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